samedi 12 novembre 2011

Comment progresser au go: les tsumego de vie ou de mort


Plusieurs methodes existent pour étudier les tsumego.

Une première méthode existe consistant à faire des tsumégo sans regarder les solutions. Elle est prônée dans bien des sites, et présenté comme la méthode utilisée par les insei coréens. Une seconde existe, consistant à regarder la solution quand on a l’impression d’avoir trouvé la solution.

La première méthode m’a toujours laissé perplexe. Comment peut-on être sur de sa réponse, lorsqu’on n’a pas accès à la solution. Cette méthode me paraît également totalement inadapté pour le joueur débutant, qui par les solutions, apprend de nouvelles techniques qu’il ne soupçonnait parfois même pas. Elle n’a d’intérêt à mon sens que pour les joueurs très forts, et disposant d’un temps d’étude considérable, ce qui exclut la majorité des joueurs de go. David Ormerod, bloggeur de Gogameguru, partage cette opinion et conseille de regarder les solutions.

La seconde méthode apparaît donc la mieux adaptée pour la plupart des joueurs. Mais quand faut-il regarder la solution ? Il y a deux écueils à éviter : trop tôt et trop tard. Peu de joueurs sérieux tomberont dans le premier excès. Mais la seconde tendance est sans doute plus répandue. Il est inutile, voire contre-productif de passer trop de temps à cherche la solution d’un tsumégo. On raconte que la méthode privilégiée par Cho Chikun est de ne pas passer plus de 5 minutes sur un problème, après quoi il convient de regarder la solution, que l’on est une idée ou non de celle-ci. Cette approche, appliquée de manière souple, me paraît la bonne : si cinq minutes sur un problème difficile peut paraître un peu court, dans ce cas dix minutes peut être un bon timing. Si l’on peine sur un problème même après un laps de temps déterminé, on peut aussi être tenté de se changer l’esprit avec un autre problème, puis de revenir sur le problème irrésolu. Un autre conseil, donné par Kano Yoshinori, peut être utilement suivi : il s’agit d’étudier les mauvaises réponses non fournies dans la solution pour voir pourquoi elles ne marchent. Je trouve cela un peu ingrat, mais cela peut convenir à certains joueurs.

Dernière remarque : les tsumego de vie et de mort sont des exercices théoriques et ne feront pas de vous du jour au lendemain des tueurs impitoyables, car rares sont les situations similaires qui se présentent en partie réelle. Il peut même être négatif pour le jeu de mettre en œuvre de manière inconsidérée les techniques proposées. Les tsumego de vie ou de mort permettent certes aussi de développer les capacités de lecture, mais ce ne sont pas les seuls. Ce dont il faut prendre conscience (comme le note si justement David Ormerod), c’est que les tsumego de vie et de mort apprennent à détecter les groupes faibles, et par ce biais la judicieuse utilisation de leurs faiblesses pour conserver le sente ainsi que le potentiel insoupçonné des menaces indirectes. Quand on sait faire ça, on peut dire que l’on joue vraiment au go.